La RT 2005 dans le détail

Le renforcement des exigences sur l'isolation de l'enveloppe

Par rapport à la RT 2000, le renforcement des exigences sur l'isolation de l'enveloppe (renforcement moyen de 10 % sur les parois courantes de murs et renforcement de 20 % environ sur les ponts thermiques) a été fixé pour tenir compte de toutes les techniques constructives ayant un impact positif sur la maîtrise de l'énergie en confort d'été ou d'hiver. En effet, la réglementation n'a pas pour but d'écarter une technique constructive, mais plutôt d'en valoriser ses meilleures performances et de soutenir ses améliorations.

La compensation entre enveloppe et systèmes

Toujours présente dans la nouvelle réglementation thermique, la compensation entre enveloppe et systèmes concerne désormais les secteurs résidentiel et tertiaire :

En résidentiel :

Dans la RT 2000, la limite de la compensation entre isolation et systèmes était fixée à 30 % :
Ubâtmax = Ubâtréf x 1,30.
La RT 2005 fixe désormais cette compensation :

  • à 25 % en logement collectif :
    Ubâtmax = Ubâtbase x 1,25
  • à 20 % en maison individuelle :
    Ubâtmax = Ubâtbase x 1,20.

En tertiaire :

La RT 2000 ne donnait aucune limitation. Dans la nouvelle réglementation en revanche apparaît une limite à la compensation entre enveloppe et équipements de 50 % : soit Ubâtmax = Ubâtbase x 1,50.

Ubâtbase est calculée de manière identique à Ubâtréf , mais prend en compte les surfaces exactes de vitrage du projet et non celles de référence (dont la valeur pour les logements est fixée à 1/6 de la surface habitable).

Il faut signaler la bonne évolution de 30 à 25 % dans le logement collectif et l'introduction de la limitation à 50 % dans le tertiaire, mais la compensation reste encore importante en maison individuelle.

La valorisation de l'étanchéité à l'air du bâti

La RT 2005 prévoit la prise en compte de valeurs de perméabilité des bâtiments meilleures que la valeur forfaitaire réglementaire pour tous les constructeurs et promoteurs qui auront mis en place « une démarche de qualité de l'étanchéité à l'air des bâtiments ».

Ceux-ci devront établir un dossier technique, jugé par une commission d'experts, contenant notamment une série de mesures (par exemple 30 minimum pour une maison individuelle) justifiant de la valeur de la perméabilité de l'ouvrage.

Grâce à cette nouvelle possibilité de la RT 2005, les produits et systèmes performants vis-à-vis de l'étanchéité à l'air vont être valorisés. C'est le cas des isolants PSE notamment les complexes de doublage collés et les panneaux de toitures.

Le renforcement des exigences sur les équipements

Comme pour l'enveloppe, les exigences sur les équipements ont été renforcées que ce soit en chauffage gaz comme en chauffage par effet joule (électrique).

La grande nouveauté réside cependant dans l'introduction d'une nouvelle exigence relative à l'eau chaude sanitaire. Pour promouvoir et encourager l'utilisation d'énergies renouvelables, la RT 2005 pénalise les bâtiments résidentiels ne disposant pas d'eau chaude sanitaire solaire.

En maison individuelle :

  • Avec chauffage par effet joule, à moins d'avoir installé 2 m² de panneaux solaires, la pénalisation sera de 20 % (consommations d'énergies pour la production d'eau chaude sanitaire réduites de 20 % en référence).
  • Avec chauffage gaz (chaudière hors volume chauffé), il en est de même.

En logement collectif :

Avec chauffage par effet joule, à moins d'avoir installé 1 m² de panneaux solaires, la pénalisation sera de 10 %.

Ainsi, les maisons individuelles ou logements collectifs non équipés d'eau chaude sanitaire solaire devront donc compenser par une isolation thermique performante de leur enveloppe, comme celle proposée par les isolants PSE.

De même, le niveau de référence a été renforcé en ce qui concerne la ventilation des logements pour lesquels les réductions des déperditions liées à la ventilation deviennent :

  Isolation acoustique et réglementation acoustique

Les exigences en matière de consommation de refroidissement

Afin de maîtriser le recours à la climatisation et de valoriser les systèmes de rafraîchissement passifs, la RT 2005 définit 2 catégories de locaux :

  • CE1
    La 1ère catégorie devrait être la plus importante et regrouper les locaux ordinaires pour lesquels la RT 2005 considère qu'ils peuvent être conçus sans avoir besoin d'être climatisés. La consommation énergétique de référence des ouvrages de cette catégorie n'inclut pas de consommation de refroidissement. Aussi, la climatisation n'est-elle pas interdite, mais les consommations éventuelles de refroidissement doivent être compensées par une diminution des consommations de chauffage, d'éclairage...
  • CE2
    La 2nde catégorie est réservée aux locaux plus contraints (hôpitaux, bureaux en zone de bruit et en zone climatique très chaude, Immeubles de Grande Hauteur...) qui nécessitent d'être climatisés. De ce fait, des consommations de refroidissement de référence sont définies.
    Précisément, un local est de catégorie CE2 s'il est muni d'un système de refroidissement et si son usage se situe dans les zones climatiques et de bruit suivantes :

La RT 2005, reglementation thermique 2005 pour l'isolation maison

Les autres locaux sont de catégorie CE1.

Le nouveau paramètre Cepmax

Ce nouveau paramètre est défini uniquement pour les bâtiments du secteur résidentiel (1) et regroupe les consommations de chauffage et de production d'eau chaude sanitaire exprimées en kWh d'énergie primaire par m² et par an. Celles-ci doivent être inférieures à des consommations maximales établies pour les zones climatiques H1, H2 et H3.

Ce paramètre permettra de comparer en valeur absolue deux postes importants de consommation énergétique de divers bâtiments dans une zone climatique donnée, en plus de comparer en valeur relative leurs consommations énergétiques totales par rapport à une référence.
Pour les bâtiments du secteur résidentiel, les consommations énergétiques doivent satisfaire deux exigences :
C ≤ Créf et CChauffage + CECS ≤ Cepmax

Pour les autres bâtiments, seule la consommation énergétique totale doit être inférieure à la valeur conventionnelle de référence : C ≤ Créf.

(1) Les bâtiments utilisant le bois pour plus de 10 % de leurs besoins de chauffage sont exclus du champ d'application de l'exigence de consommation maximale.

Zones climatiques définies par la RT 2005 isolation

Les nouvelles zones climatiques


réglementation thermique 2005 : zones climatiques

La synthèse d'étude thermique

Les réglementations thermiques ont fait l'objet de quelques contrôles en collectif et en tertiaire, mais n'ont jusqu'à présent fait l'objet d'aucun contrôle systématique en maison individuelle. Aussi, nul ne sait le nombre d'ouvrages non réglementaires bâtis ces dernières années. En raison des enjeux environnementaux actuels, il n'est plus concevable qu'il en soit encore ainsi.

C'est pourquoi, afin de faciliter la mise en place d'un système de contrôle d'application de cette nouvelle réglementation, cette dernière instaure la création d'une fiche de synthèse thermique qui sera exigée à la fin de chaque construction. Elle s'inscrit dans la lignée du Diagnostic de Performance Energétique requis selon la Directive sur la Performance Energétique des Bâtiments dans le cas des transactions immobilières.

Au plus tard à l'achèvement des travaux, le maître d'ouvrage doit fournir cette fiche indiquant les valeurs suivantes :

  • Cep / Cepréf et Cepmax
  • Ubât / Ubâtréf.
  • U / Ubâtréf de chaque paroi.
  • Valeur de chaque pont thermique ψ par rapport au ψ de référence.
  • Étude de sensibilité du Cep sur 8 paramètres parmi lesquels la diminution du Ubât
    de 10 %, la diminution de la perméabilité à l'air, l'orientation des baies, la puissance
    VMC réduite de 20 %, la puissance de l'éclairage installée baissée de 10 %.

En cas d'absence, un système de sanction est à l'étude.


Reglementation thermique 2005 et labels