RT 2005 : la poursuite des engagements

Accords de Rio et de Kyoto, Plan Climat 2004, Directive sur la Performance Energétique des Bâtiments, Loi d'Orientation sur les énergies...
Tout engage la France à réduire significativement ses consommations d'énergie et ses émissions de gaz à effet de serre. A l'heure actuelle, 30 millions de logements français dégagent encore 95 millions de tonnes de CO2 !

Afin de respecter ces engagements à long terme, dont l'objectif ultime est de diviser par quatre à cinq les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050, il est prévu un renforcement de la réglementation thermique tous les 5 ans, au moins jusqu'en 2015. C'est pourquoi la RT 2000, conçue pour évoluer facilement par étape, est aujourd'hui remplacée par la RT 2005 qui s'inscrit totalement dans la continuité de la précédente réglementation et fera elle-même l'objet d'une réactualisation en 2010.

Objectif visé

Applicable à tous les permis de construire déposés à partir du 1er septembre 2006, la RT 2005 a pour objectif de diminuer de 15 % les consommations énergétiques des bâtiments neufs.

Les nouveautés par rapport à la RT 2000

Dans le prolongement de la RT 2000, la RT 2005 présente plusieurs nouveautés majeures :

  • Les consommations énergétiques, formulées en consommation d'énergie primaire (Cep), ne sont plus exprimées en kWh/an, mais le sont désormais en kWh/m².an.
  • Une consommation énergétique maximale (Cepmax) est introduite dans le secteur résidentiel uniquement pour les consommations de chauffage et de production d'eau chaude sanitaire. Elle est définie par type d'énergie et zone climatique.
  • Les énergies renouvelables sont intégrées et valorisées en plus des autres énergies. Ainsi, les projets architecturaux qui ne prévoiraient pas la production d'eau chaude par capteurs solaires sont pénalisés au niveau du calcul de référence. La loi d'orientation de la politique énergétique du 13 juillet 2005 prévoit un dépassement maximal du Coefficient d'Occupation des Sols (COS) de 20 % lorsque les constructions répondent à des critères de performance énergétique ou qu'elles comportent des équipements de production d'énergie renouvelable.
  • La conception bioclimatique est favorisée et valorisée (inertie, orientation du bâtiment, apports solaires...).
  • L'obligation pour le maître d'ouvrage de fournir une fiche de synthèse d'étude thermique à la fin des travaux. En cas d'absence, un système de sanction pourrait être mis en place.
  • Les consommations d'énergie liées à la climatisation sont intégrées dans le calcul afin de maîtriser le recours à celle-ci. Une classification des bâtiments en fonction de leurs besoins ou non en climatisation est établie.
  • L'étanchéité à l'air peut être valorisée à condition de respecter une procédure spécifique.
  • Une simplification des données d'entrée des calculs et une recherche d'unification des résultats obtenus par les divers logiciels de calcul afin de faciliter le contrôle et la compréhension des études.

Les évolutions significatives par rapport à la RT 2000

Similaire à la RT 2000 dans sa structure, la RT 2005 impose toujours des garde-fous et des références aux systèmes et produits ainsi que des valeurs de référence pour les déperditions thermiques du bâtiment Ubâtréf et sa consommation énergétique Cepréf.

Dans l'objectif que la moyenne des bâtiments ait un niveau de consommation énergétique de référence (Cepréf RT 2005) proche de Créf RT 2000 – 15 %, les garde-fous et références sont renforcés pour permettre d'atteindre les performances suivantes :

  • Renforcement d'environ 10 % de la performance des parois.
  • Diminution d'environ 20 % des pertes par ponts thermiques.

Les autres changements notables concernent les points suivants :

  • La correction des données météorologiques, pour être opérationnelles et physiquement plus justes, a donné lieu à une définition plus fine des zones climatiques en fusionnant celles d'hiver (H1, H2, H3) et celles d'été (Ea, Eb, Ec, Ed) de la RT 2000. Les nouvelles zones sont désormais H1a, H1b, H1c, H2a, H2b, H2c, H2d et H3.
  • Le calcul du coefficient C se fait désormais par m² de SHON qui est la surface eurocompatible.
  • La prise en compte de l'éclairage dans le secteur résidentiel.
  • Des modifications importantes pour la distribution et la génération de chaleur ainsi que pour la ventilation.